Quelles actions collectives et individuelles pour mettre en avant la légitimité du jeu ?

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Présentation de l'atelier

Organisation

  • Atelier de découverte théorique

  • 3 h

  • Animateur: Vincent Gosse, de l'AVAG

  • Secrétaires : Nadia Sartori, Dominique Turcat

  • 16 participant.e.s à l'atelier de ludothèques, bar à jeux, ludobus et structures socioculturelles

La problématique de l’atelier

Pour qui voulons-nous légitimer le jeu et comment ?

Production de l'atelier

1- Initiatives indépendantes des subventions

Entre professionnel.le.s , la légitimité du jeu est évidente. En s'appuyant sur le tissu que nous représentons et par les actions menées, comment faire avancer cette légitimité ?

Un constat : nous dépendons des pouvoirs publics. Donc la légitimité du jeu dépend du bon vouloir des financeurs.

Un débat a très vite démarré entre les structures qui dépendent des pouvoirs publics et les initiatives privées qui sont autonomes. Sur toutes les structures présentes seulement 2 ne dépendent pas des subventions.

C'est le cas d'Archijeux à Crest et de Terre Ludique à Marseille.

Pour Jérôme et Philippe d'Archijeux, c'est un choix stratégique pour le démarrage de leur projet : ne pas dépendre des pouvoirs publics. Ils montent un projet et des actions dans un cadre non lucratif. En ouvrant un bar, ils ouvrent un espace public qui ne touche pas que des « ludopathes ». C'est un espace pour adultes, non adressé aux enfants et par ce fait, casse l'image du Jeu = futile. Le bar a une dimension économique et même sociale : il est ouvert aux clochard.e.s ! Archijeux a du poids par ses adhérents et adhérentes, ses bénévoles sont une force et un vecteur puissant de reconnaissance.

Pour eux, il faut sortir de l'idée que grâce aux subventions on peut devenir acteur de la cité ; ne plus penser : associations = assistées. Si le jeu est une cause d'intérêt général, on peut le faire reconnaitre sans attendre les pouvoirs publics en trouvant un modèle économique qui apporte une légitimité. Archijeux a fait ses preuves et fournit par ailleurs des prestations à la Mairie.

Stéphane d'Artisans d'une Terre Ludique à Marseille ne demande pas de financement et a une légitimité auprès des citoyens sur des micros projets.

2- Initiatives dépendantes des subventions

Échanges et réflexions

Les pouvoirs publics sont d'accord pour financer des actions qu'ils estiment d'intérêt général. Il faut garder sa spécificité et ne pas se laisser influencer par les attentes des financeurs. On peut porter des actions, les faire reconnaitre puis demander des financements, ou l’inverse Le droit de jouer arrive dans l'espace public, donc les pouvoirs publics sont concernés.

Au Centre National du Jeu à Boulogne l'espace-jeu adulte est ouvert depuis 30 ans, bien avant la section enfants. Les financeurs viennent sur le terrain et voient : ça vaut tous les discours.

Pour toucher les écoles, un projet a été monté à Sassenage pour faire entrer la ludothèque à l’école. Actuellement, toutes les classes ont un moment de jeu. L'école vient à la ludothèque et la ludothèque va à l’école.

Dans le Doubs, des enseignants et enseignantes sollicitent les ludothécaires pour des conseils.

Dans l’Hérault, la Compagnie des Jeux se bat pour la place du jeu à l'école et forme des enseignants et enseignantes.

À Salon, la ludothèque a sa place dans les écoles, et est actuellement sollicitée par le Plan de Réussite éducative de la ville.

Les soirées-jeux adultes se multiplient un peu partout et les adultes VIVENT le jeu.

Dans les zones rurales, certaines conceptions pensent la place des femmes à la maison, il faut aider les mentalités à évoluer : en Charente, une administratrice de la ludothèque itinérante d'Hervé est entrée au conseil municipal. Elle a plus de poids pour faire passer des messages au niveau communal, peut-être intercommunal et faire changer les mentalités.

En Charente on est en avance pour autre chose : l'inter-CE offre une proposition culturelle importante. La ludothèque est référencée à l'inter-CE au même titre qu'une librairie ou un centre de vacances. Les chefs d'entreprise reviennent sur l'idée du chèque-cadeau au profit d'activités culturelles et relationnelles.

Au CNJ l’animateur a pu prendre du temps pour écrire des articles et ses articles se retrouvent à Bruxelles. C'est gratifiant pour Mathieu ! et bon pour la reconnaissance du jeu. 

3- Points faibles et difficultés.

Les situations sont souvent précaires.

Professionnel.le.s et pouvoirs publics semblent d'accord sur ces missions d'intérêt général, mais dans les faits les professionnels sont souvent en situation précaire. Le jeu même avec un grand J n'est pas considéré. Exemple dans l'Ain : Ain'terlude a eu des difficultés financières l'an dernier. Le sous-préfet a invité la structure avec des partenaires potentiels. Ain'terlude est légitime À TRAVERS le jeu, mais pas POUR le jeu. « on vous subventionne pour des actions sociales, mais pas pour le jeu. Réécrivez votre projet en enlevant le mot JEU » !!!

De même dans le Doubs. Il y a 5 ludothèques itinérantes pour plusieurs villages. Certaines communes n'ont plus voulu de ludothèque. Le projet, lancé par Familles Rurales, a donc été plus onéreux pour les communes restantes. Conséquence : une ludothèque a dû fermer malgré la demande des habitants, la mairie n'étant plus d’accord.

Il y a précarité aussi pour les individu.e.s. C'est un casse-tête pour une étudiante ou un étudiant dans ce domaine. À l’université, dans la recherche rien n'est pérenne. Les rares formations en France sont toujours menacées.

Il y a une pauvreté sur l'analyse du jeu ; un vrai travail reste à faire à ce sujet.

On constate aussi une absence de coordination entre les structures de jeu en Île-de-France par exemple, sans parler des questions de pouvoirs, de conflits.

Il faut prendre du temps pour communiquer avec les associations régionales et nationales. L'ALF se mobilise. L’ALIF souhaite organiser une convention courant 2013.

Les rapports avec les créatrices et créateurs de jeux et les éditrices et éditeurs sont évoqués. Là aussi les subventions allouées aux associations semblent changer la donne :

  • rapports faciles avec Archijeux. Les créatrices et créateurs viennent tester leurs jeux, les laissent en dépôt-vente.

  • rapports ambigus avec d'autres structures comme les Ulis ou le CNJ : les éditrices et éditeurs ne communiquent pas les prix. Impossibilité d'archivage au CNJ qui ne peut pas obtenir d'exemplaire gratuit sur les nouveautés.

4- Conclusion

Le jeu comme moyen est reconnu. Le jeu pour lui-même pas encore.

Les bibliothèques ont mis 30 ans à se faire reconnaitre d'utilité publique. On va encore ramer ! Il faut faire entrer le jeu dans la société et dans la culture de plusieurs façons. Quand le jeu sera connu, il sera reconnu.

Ne se priver d'aucune et d'aucun partenaire, entrer dans le monde de l’entreprise, voir le mécénat.

Redynamiser les réseaux et les collectifs auprès :

Des institutions :

  • Convaincre par des actions plutôt que par des discours

  • (s') Inviter – (s') Impliquer

  • Réfléchir à un modèle économique à but non lucratif – indépendant ou pas -

  • Place du bénévole comme interface politique.

Du public :

  • Multiplier les actions sur le terrain pour plus de visibilité.

  • Diversifier les « cibles » partenariat

  • Développer les formations des professionnel.le.s, des partenaires et des bénévoles

  • Travailler sur des productions théoriques

  • Garder un engagement militant

Du secteur marchand :

  • Actions collectives auprès des éditrices et éditeurs pour créer un partenariat

  • Mécénat de compétences

  • Mécénat financier de prochaines RL